La stimulation bi-ventriculaire

 

 La

Actuellement, les stimulateurs cardiaques « triple chambre » sont partie intégrante du traitement de l’insuffisance cardiaque car ils réduisent sa morbimortalité. Leur rôle est de resynchroniser la contraction des cavités ventriculaires droites et gauches, désynchronisée lors de l’insuffisance cardiaque évoluée. Cette stimulation « multi site » s’adresse à certains malades en insuffisance cardiaque de stades III ou IV sous traitement médicamenteux optimal, en rythme sinusal prédominant, avec des QRS de plus de 120 millisecondes, une fraction d’éjection inférieure à 35 % et une désynchronisation mécanique inter ventriculaire échographique. Le terme de « triple chambre » porte à confusion : au niveau du cœur droit, une sonde est implantée dans chaque cavité, mais pour le ventricule gauche, la sonde de stimulation passe dans le sinus coronaire pour être disposée dans une veine latérale du cœur de manière à se trouver en regard du ventricule gauche.
 

La resynchronisation bi ventriculaire s’adresse à des patients qui présentent :

 

       

- Cardiopathie dilatée ischémique ou non ischémique

- FEVG < 35 % ( fraction d'éjection du ventricule gauche)

- DTDVG > 27mm/m2

- Classe III/IV de la NYHA, réfractaire au traitement médical.

- Un asynchronisme cardiaque ( QRS > 120 ms et/ou critères échographique)

 

Pour rappel :

 

- Le DTDVG correspond au diamètre télé diastolique du ventricule gauche, qui se mesure sous

échographie cardiaque.

 

- La New York Heart Association (NYHA) a établi une classification pratique des degrés de

 sévérité de l’insuffisance cardiaque selon des critères fonctionnels:


– NYHA I: insuffisance cardiaque asymptomatique


– NYHA II: insuffisance cardiaque asymptomatique au repos et devenant manifeste


seulement après un grand effort physique


– NYHA III: insuffisance cardiaque asymptomatique au repos et devenant manifeste

 au moindre effort physique


– NYHA IV: insuffisance cardiaque symptomatique au repos.

 

 

        Les études ont établi que cette thérapie :

 

 

améliore la capacité d’exercice,

améliore la qualité de vie,

améliore la fonction cardiaque

améliore la morbidité

améliore la mortalité

 

 

La technique d’implantation de la sonde ventriculaire gauche utilisée actuellement permet
d’éviter au patient une thoracotomie.

 

 

Sinusographie : injection d'iode depuis l'ostium du sinus coronaire depuis l'oreillette droite, afin de mettre en évidence la ou les veines latérales les plus propices à l'implantation de la sonde qui stimulera le ventricule gauche.

 

 

La stimulation coordonnée des deux ventricules permet de limiter l'asynchronisme provoqué par l'insuffisance cardiaque.

 

 

Cela aura comme répercussion sur l'ECG l'affinement des QRS, signe d'un meilleur synchronisme des deux ventricules.

A. Elargissement du QRS (195 ms) de type Bloc de Branche
Gauche avec axe gauche et bloc auriculo-ventriculaire du
1er degré (PR = 250 ms).
B. Affinement du QRS (160 ms) suite à la stimulation
biventriculaire. Notons l’aspect QS en DI et l’oncle R
unique en V1 confirmant la capture ventriculaire gauche.

 

Le contrôle de cette stimulation coordonnée peut être optimisé sous échographie cardiaque.

le délai interventriculaire, c'est à dire le délai entre la stimulation ventriculaire gauche et droite dispose de la possibilité d'être réglé.

 

Des études ont montré l'amélioration de la fraction d'éjection du ventricule gauche au cours des deux ans suivant l'implantation.

 

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